Bergerac a besoin de la Banque Publique d'Investissement
A l’occasion du débat sur les orientations budgétaires 2013, au sein du Conseil municipal de Bergerac, je me suis efforcé d’établir un lien entre la situation économique locale et le besoin de la banque publique d’investissement. En guise de clin d’œil à mes amis du groupe des élus communistes qui témoignaient de leurs inquiétudes quant à la politique du gouvernement, je ne pouvais m’empêcher de constater que le changement était bien maintenant pour les élus socialistes et apparentés du Conseil. En effet, pour la première fois depuis notre arrivée aux responsabilités, nous étions de facto solidaires de la politique du gouvernement. Mais être solidaire implique également d’être très exigeant. Il nous semblait donc utile de défendre le besoin de la création de la banque publique d’investissement au nom du groupe des élus socialistes et apparentés pour faire à la fois preuve de pédagogie à l’égard de l’un des engagements du Président de la République et en souligner la nécessité pour une collectivité locale comme la notre.
Après la disparition de DEXIA. Parce que le débat sur les orientations budgétaires est l’occasion d’avoir un échange politique au sein de la représentation communale, revenons sur la genèse de la proposition de création d’une Banque Publique d’Investissement. Souvenons-nous des réactions de l’UMP lorsque François Hollande avait formulé cette proposition. A les écouter, nous venions de réinventer l’eau chaude. Selon eux, après la défection de DEXIA, la banque publique existait déjà via la Banque Postale. Force est de constater que, six mois plus tard, notre ville se retrouve bien seule face à la mondialisation financière. Preuve en est que la banque publique d’investissement reste encore à créer. Je m’explique.
Bergerac face à la mondialisation financière. Plusieurs perspectives bancaires nous annoncent pour 2013 une baisse de 3 à 5 milliards d’euros du montant de crédits à accorder aux collectivités locales. Il faut savoir que ces dernières ont un besoin global de 20 milliards d’euros de crédits par an. Autrefois, la banque DEXIA apportait à elle-seule près de la moitié de cette somme. La Banque postale en apporte 5 milliards aujourd’hui. Son PDG, dans un entretien au JDD, la semaine dernière, annonçait que son critère d’attribution serait la viabilité des projets. Je demande à voir comment les élus locaux devront apporter la preuve de la viabilité d’un projet d’école ou de crèche. Quand aux banques privées, nous voici confrontés aux critères internationaux de Bâle III. Suivant ces normes comptables, des banques qui prêteraient à une collectivité locale seraient automatiquement dégradées sur leurs indicateurs de mesure des fonds propres et des ratios de liquidité, considérant qu’une collectivité ne peut pas être mise en faillite.
Si certaines collectivités peuvent se permettre un financement par des émissions obligataires, à condition de se faire évaluer par une agence internationale de notation, des collectivités locales comme Bergerac seraient exclues des marchés financiers. Il est donc indispensable pour notre commune de maintenir une orientation forte en faveur de l’investissement tout en appelant de nos vœux en 2013 la création d’une banque publique d’investissement. C’est dans ce sens que nous souhaitions contribuer aux orientations budgétaires de la Ville de Bergerac.