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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 10:33
 
Le Baiser de la Femme-Araignée…
 
 
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 Ariane Lumen (Artisqte peintre et modèle à Saint Georges de Monclar - Dordogne) dans "Danger - Keep Out" par Dorvan Création Photographie 10 - 2012)
 
 
C'est un roman immobile. Tout est paroles et rêves. Deux hommes reprennent jour après jour un lent dialogue. Deux hommes seuls dans la cellule d'une prison de Buenos-Aires.
Deux jeunes hommes que la vie (en surface) n'aurait jamais fait se rencontrer, peut-être même dont l'évocation réciproque n'aurait provoqué que désintérêt ou dégoût.
Molina (arrêté pour détournement de mineur), Valentin (guérillero idéaliste), se parlent. Par quel langage ces hommes vont-ils se rejoindre et se comprendre ? Par le cinéma et - ô paradoxe - la femme en tant qu'image (merveilleuse ironie du titre) créera la connivence, le respect puis l'amour.
Molina raconte des films à Valentin et il ne se passe rien. Ou plutôt il se passe l'essentiel : la profonde tendresse entre deux hommes. L'univers carcéral et le cinéma ont en commun, outre la nuit ouverte aux fantasmes, l'expulsion du réel et de ses contraintes. L'histoire des films offre l'avantage d'un discours parallèle qui permet de dévoiler le plus intime sans agresser la pudeur. Valentin et Molina se cherchent à travers les héros de films. Molina dit sa féminité, son besoin de se dévouer à un homme, et Valentin laisse émerger ses faiblesses, ses déceptions, sa profonde douceur.
Valentin apprend Molina, Molina découvre Valentin et le séduit.
 

Histoire immobile où tout est avoué par le truchement d'une cinémathèque parlée. Ils connaîtront l'amour parce que la vieille histoire de Tristan et d'Iseult toujours se recommence même quand Iseult est un homme. Mais il a fallu ce double ventre maternel que sont la prison et la salle de cinéma pour révéler une fois de plus une vérité si simple qu'elle effraie la société : deux êtres qui s'écoutent peuvent bâtir un univers sans l'aide des schémas de la civilisation.
Le roman finira bien, c'est-à-dire mal. Iseult/Molina mourra pour Tristan/Valentin : chacun ira au bout de lui-même, c'est-à-dire au delà de l'égoïsme. Pas de mièvrerie, une grande liberté de ton sans effort d'outrance, beaucoup d'humour. Et une bien belle histoire. Emprisonnez-vous dans ce roman libérateur... et faites-vous votre cinéma !
■ Editions du Seuil, Collection Points, 1996 (réédition), ISBN : 2020300648
Source : http://culture-et-debats.over-blog.com/article-1385224.html

 

 

 
 
 
 
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